STAGES

Alain se déplace pour animer les stages proposés,

ceux-ci n'étant plus assurés à l'Espace du Petit Prince.

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En évoluant en conscience,

nous participons

à la préservation de la Terre et de l’Humanité.



alainc

Soirée et WE 

  

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  •    

                  Développons

Notre capacité de nous vivifier à partir de notre mémoire cellulaire

Un moyen simple de changement en passant par le corps 

Une plus grande connaissance de nous-mêmes, une structure émotionnelle plus forte et une plus grande confiance dans notre ressenti

Une évolution vers une santé physique et morale en cohérence avec les grands changements actuels sur la terre

Nos capacités physiques de force et d’endurance dans la légèreté sont beaucoup plus grandes que les limites auxquelles nous nous sommes limités.

Un ressenti plus fin de l’énergie vitale. La différence entre se nourrir et s’alimenter.

 

Alain Cornély :

Homme de terrain, j’ai créé ma méthodologie, issue de 45 ans d’expérience, qui continue de croître à chaque stage. Ma Pratique vient de la Psychologie des Profondeurs, des Arts Martiaux, de la Danse, du Centrage et de l’Ecoute. 

Je suis Auteur de trois livres parus dont le dernier « Le Regard de l’Ecoute paru en octobre 2016.

 

Site : Le Regard de l’Ecoute http://relation-ecoute-cesoram.fr

Alain Cornély - 2 route de Provins 74940 Annecy le Vieux –

Tél : 04 50 23 78 34

 

 « Evoluer Maintenant »

Le Regard de l'écoute


TEMOIGNAGES DE PARTICIPANTS

(Les noms sont remplacés par des pseudonymes)

 

De Qui, de Quoi

n'ai-je pas fait le Deuil ?

Conférence

par Alain Cornély


« On est ensemble » ou « Sommes-nous ensemble » ?

« Est-ce que je t’ai vraiment quitté(e) ? »

                       Expériences et Partages…

Une participation sera demandée pour le lieu - Participation Libre à la Conférence.

Pour les personnes qui participent au stage, la conférence en fait partie.

 

Lieu du stage                    A définir

 

 « Evoluer Maintenant » 

 

 

De Qui, de Quoi

n'ai-je pas fait le Deuil ?

Stage

par Alain Cornély


« On est ensemble » ou « Sommes-nous ensemble » ?

« Est-ce que je t’ai vraiment quitté(e) ? »

                       Expériences et Partages…

Participation au lieu 3€ - Participation Libre à la Conférence.

Pour les personnes qui participent au stage, la conférence en fait partie.

 

Pratique d’une autre ENTENTE

Dans le Couple

Avec les Jeunes

 couv 90 reduite   

  •    
  •     Vivons L’Ecoute « Bien dans nos Baskets »
  •     Retrouvons Notre Centre d’équilibre originel

        « Les Deuils non réalisés nous parasitent »

  •     Ressentons « notre espace personnel juste »
  •     Sortons de « l’attitude scolaire devant l’Autorité »
  •     Trouvons « Notre parole »

 

Alain Cornély est : Psychothérapeute - Praticien Jungien

  • Praticien du Recentrage corporel
  • Animateur de groupe de supervision
  • Formateur à l’Ecoute Cesoram*
  • Auteur de 4 livres sur le thème de l’Ecoute.

Participation une personne seule , en couple , en groupe :  devis sur demandes.

La soirée conférence est comprise.

Lieu du stage                    A définir

 

*CESORAM 

Avec le concept de l’ « Ecoute centrée en Soi et Orientée sur l’Autre et le monde : CESORAM », j’amène un autre processus relationnel qui agit simultanément sur le développement du ressenti, de l’intuition et déclenche des changements rapides

J’enseigne des techniques de recentrage que j’ai affinées au travers d’une longue pratique et qui permettent une remise en place de l’équilibre propre à chacun.

Dans la pratique de cette forme d’écoute, je participe à l’évolution consciente de « l’humain » ; j’entre dans une conscience qui considère chaque être dans sa totalité, avec son mystère, sans le réduire aux apparences.

Cette formation est à la fois : un enseignement, une initiation. On peut aussi la considérer comme une voie moderne de spiritualité. Une voie qui permet aussi de se nourrir autrement.

 

 « Evoluer Maintenant » 

 

Stage pour soignants et bénévoles

 

Vis l’Écoute Avec Ton regard

         Pratique de l’Ecoute Centrée

       (l’Ecoute Cesoram*) Avec Alain Cornély

Stages de groupe
à  l’Espace du Petit Prince

 VIVONS en Ecoute le présent debout  

    RECENTRONS-NOUS  

      CONSTRUISONS notre espace personnel juste et

         SORTONS de l’attitude scolaire face à l’Autorité.

             DEVELOPPONS notre parole à partir de Notre ressenti.

 

  •  Exercices issus des Arts Martiaux
  • Jeux de rôles
  • Communications non-verbales
  • Danses d’enracinement
  • Pratiques originales de recentrage permettant un changement immédiat dans le quotidien.

                  

Je suis un Praticien Jungien ancien adhérent de la SFPA (Société Française de Psychologie Analytique).

Je me suis formé avec Jacques Gastine, Carl Rogers, K. Dürckheim, et Elie Humbert élève direct de C.G. Jung.

J’ai pratiqué avec R. Moss et j’ai fait un long parcours avec Andrée Schlemmer dans la pratique des couleurs.

J’ai pratiqué plusieurs disciplines corporelles et particulièrement le Kyudo. Ce parcours m’a permis d’élaborer mes propres conceptions dans 4 livres dont le dernier : « Le Regard de l’Écoute » paru en Octobre 2016.

Le Chant des voyelles et La nourriture consciente font partie de sa vie et de sa voie depuis 2006.

 

  • Psychothérapeute
  • Animateur de groupe de supervision
  • Praticien jungien
  • Praticien du Recentrage corporel
  • Formateur à l’Ecoute Cesoram
  • Auteur de 4 livres sur le thème de l’Ecoute.

Avec le concept de l’ « Ecoute centrée en Soi et Orientée sur l’Autre et le monde : CESORAM », j’amène un processus d’écoute de l’Autre qui agit simultanément sur le développement du ressenti, de l’intuition qui déclenche des changements rapides

J’enseigne des techniques de recentrage que j’ai affiné au travers d’une longue pratique qui permettent une remise en place de l’équilibre propre à chacun.

Dans la pratique de cette forme d’écoute, je participe à l’évolution consciente de « l’humain » ; j’entre dans une conscience qui considère chaque être dans sa totalité, avec son mystère, sans le réduire aux apparences. Cette formation est à la fois : un enseignement, une initiation. On peut aussi la considérer comme une voie moderne de spiritualité.

                   ___________________

Quand le soignant s’incarne d’une manière juste dans son corps,

Qui soigne, qui administre des soins justes ?

Qui participe à l’effet Placebo/Nocebo ?

EVALUATION APRES UNE FORMATION AXE SUR LES SOINS PALLIATIFS QUE J’AI ANIME AVEC 2 SERVICES D’HOPITAL DANS UNE ACTION SOUTENUE PAR LA FONDATION DE FRANCE.

P288/89 extrait du livre : Le Regard de l’Ecoute

Il s’agit du compte rendu d’une évaluation d’un stage vécu par des soignants et des bénévoles de deux services d’hopital après mon intervention :

Dans l'évaluation finale au bout des six mois sur lesquels étaient répartis quatre séminaires de trois jours, nous allons retrouver les points abordés jusqu'ici.

En premier lieu, nous pouvons nous rendre compte dans le tableau « Rôles représentés par les participants au stage » (voir page 272) comment sont répartis les rôles des services I et II avec la défection du responsable et des médecins.

Les difficultés rencontrées dans la mise en route du projet ont fait apparaître des vécus différents dans les trois sous-groupes : « Service I », « Service II », « Bénévoles ».

On remarque que le service I fait une synthèse qui évacue l'expression du vécu. Ce serait prendre trop de risques avec l'attitude du chef de service qui était présent à la fin de l'évaluation.

Le contexte du service II n'étant pas aussi menaçant, le responsable ne se sentant pas interpellé pour son service, les membres de son service étant là volontaires sans objectifs définis pour le service, la liberté d'expression est davantage possible (Voir p. 276).

Les évaluations suivantes ont été exprimées par les représentants de chaque groupe, qui s'étaient préalablement réunis entre eux.

  • Service I

- L'espoir des participants, devenus une équipe, était de réaliser un projet de service. Le chef de service s'étant désengagé a amplifié l'opposition de soignants non-participants (qui étaient, nous l'avons vu, en nombre majoritaire dans le service : les 2/3), ce qui a provoqué une forte déception, de la souffrance, et la réintégration au retour de la formation en est devenue problématique ; l'équipe a vécu un grand décalage.

Cependant, sur les horaires de nuit, la difficulté de réintégration de retour a été peu sensible, car parmi les infirmières et les aides-soignantes qui travaillaient de nuit, celles qui ne sont pas venues n'étaient pas opposées à la formation « Printemps ».

  • Depuis cette formation, nous appréhendons mieux ce que vivent le mourant et sa famille, et nous sommes plus pleinement dans une dimension d'écoute.
  • La formation nous a apporté beaucoup de sérénité, nous a permis de mieux nous positionner dans notre vie professionnelle vis-à-vis des patients et des autres membres de l'équipe, et nous y a aidées.
  • Nous souhaitons la poursuite de cette formation en groupe et individuellement. Nous espérons le développement de cette formation sur l'hôpital.

 

  • Service II
  • Mon regard a changé.
  • Impact très positif sur l'équipe, la formation a clarifié nos tensions.
  • J'ai une position plus claire avec les autres.
  • Je me sens facilitée pour amener plus de réponses médicales à nos attentes par rapport à la douleur.
  • Maintenant, j'accepte plus la maladie.
  • La relation est plus authentique avec le patient et le reste de l'équipe. Nous nous polarisons moins sur « faire ».
  • Intégration utile de bénévoles dans le service.
  • Le service vit maintenant un climat serein.
  • Prise de conscience que le toucher et le regard font partie de l'écoute.

Les participantes du service II ont aussi ressenti un décalage avec les autres membres de l'équipe soignante de leur service. Mais elles ont acquis une tolérance qui leur permet de l'accepter et même de promouvoir un climat plus serein de rapports car elles ne se sont pas trouvées dans ce même climat d'opposition que celui du service I.

À l'unanimité, il y a regret que ce stage se termine. Le manque de participant médecin est souligné à nouveau comme fragilisant l'équilibre du groupe.

 

  • Bénévoles
  • La qualité d'humanité de chaque soignant du groupe m'a impressionnée.
  • Je comprends mieux l'univers des soignants et les conditions de travail, les difficultés de ce qu'ils portent.
  • Nous avons vécu une grande liberté d'expression des soignants.
  • Je découvre que cette formation entre dans le cadre de toute une évolution de vie personnelle, de connaissance de soi.

Les bénévoles entre eux s'interrogent sur les fondements de la crainte vécue vis-à-vis de cette formation par les opposants membres du service I qui ne sont pas venus, et ont entravé la formation de leurs collègues.

Certains vivent un certain étonnement concernant la complexité professionnelle dans laquelle évoluent les équipes.

  • Évaluations personnelles

Les évaluations, que j'ai choisies de présenter ici parmi d'autres, sont représentatives de l'ensemble, ayant été formulées plusieurs fois de manières différentes par la plupart des participants de même activité dans le grand groupe.

- Marine (bénévole)     J'ai appris à connaître une équipe de soins de l'hôpital et ce qu'elle a à vivre dans l'accompagnement et la responsabilité. Cela m'entraîne à faire un travail sur moi qui me permet d'être davantage à l'écoute profonde des malades dans mon travail, et aussi dans ma vie de tous les jours.

- Norette (bénévole)    C'est un travail qui ne se termine pas, on a à se tenir debout pour être davantage présent à ce qui nous entoure.

- Sandrine (bénévole) Je me sens davantage intégrée au service.

Cette dernière impression est confirmée par des réponses de plusieurs soignantes.

- Myra (infirmière)                   J'ai pu être meilleure lors d'un décès dramatique. J'ai pu être présente dans le même temps au mourant et à une collègue.

J'ai retrouvé une présence avec le regard en me reliant au groupe.

- Joëlle (aide-soignante)         Une malade était très angoissée. Je lui ai fait sa toilette, je ne pouvais pas m'attarder auprès d'elle. Je l'ai confiée à une bénévole pour pouvoir m'occuper de la malade voisine et pendant tout ce temps je me suis sentie soulagée et reliée.

- Julie (infirmière)                  Je prends maintenant le temps de regarder mes malades (cela allège les autres temps et change positivement la relation avec les malades.)

- Je me positionne face au mourant.

- Nelle (aide-soignante)          Je découvre que, par le regard, je vis une relation plus vraie avec le malade et les collègues, j'ai plus de sérénité.

- Mona (infirmière)                 Je me sens plus sereine et cela rayonne autour de moi.

- Thésie (infirmière)               La sérénité s'est installée dans le service. Cela a entraîné une plus grande rentabilité de performance donc plus d'ouverture sur l'extérieur, et plus d'ouverture aux gens qui veulent aider.

- Danie (bénévole)                Je vois que la relation d'aide que je peux amener peut s'adresser non seulement aux malades mais aussi aux soignants.

  • Décalages ressentis

1) Entre les bénévoles et les professionnels de l'hôpital :

- Se rencontrer au-delà des différences (de langage, de disponibilité de temps.)

2) Entre les participantes au stage et une partie du service non présent à la formation :

- Impossibilité de transmettre l'expérience vécue avec des mots. Les changements d'attitude au travail, de façon d'être, s'avèrent plus parlantes !

3) Entre ce qui était prévu au départ et les désistements qui ont modifié en partie l'objectif du projet et la motivation de quelques participantes :

- Reconnaître et accepter la nouvelle situation, ce qui est.

La co-animatrice :

- Au cours de ces 4 sessions sur ces 6 mois, ce qui m'a le plus frappée, c'est la progression de plus en plus rapide de la communication à un niveau plus profond à chaque nouvelle rencontre. L'apprentissage de la gestion des décalages me semble avoir été un des points forts de ce temps de formation. Personnellement, j'ai été très heureuse de participer à l'animation de ce groupe et je ressens beaucoup d'enthousiasme pour renouveler un tel investissement.

Cette fin de stage a confirmé mon intuition pédagogique sur l'importance d'une double représentation de service dans ce genre d'intervention. On pourrait même envisager une action double sur deux services sur une durée plus longue, ce qui allégerait la charge par service.

 

Journée d’intervention

- de 4 à 8 participants : devis sur demande

- de 9 à 12 participants : devis sur demande

 

- Alain Cornély -2 route de Provins 74940 Annecy le Vx –

Tél : 04 50 23 78 34 – alain.cornely@neuf.fr

                                 N° de Siret 53438458100011

 

 « Evoluer Maintenant »

 

Stage pour enseignants et élèves 

 

Formation relationnelle et pédagogique

dans l’enseignement

 

Chapitre X - L'écoute d'une classe

Il n'est pas besoin de dire à un enfant s'il est entendu, il le sent très vite.

Il s'agit ici de l'enregistrement de l'écoute d'une classe de sixième dans un collège. C'est un extrait d'une des trois interventions qui ont duré une heure trente chacune pendant la classe de français. Le professeur avait l'accord des parents et avait informé les élèves de ma venue. Cette écoute se déroulait en la présence du professeur.

Le thème de la rencontre était celui de la représentation de la mort pour les jeunes. Les élèves se sentant écoutés, ont abordé d'autres questions qui leur tenaient à cœur.

Le professeur concerné a pu se rendre compte que les élèves s'exprimaient beaucoup plus que d'habitude… Les problèmes soulevés dans ces échanges peuvent permettre C:\Users\Martine\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image001.gifde faire l'hypothèse qu'ils pourraient mobiliser l'écoute de quatre à cinq personnes à plein-temps… Or il n'y a aucune présence de psychologue dans ce collège. Beaucoup d'élèves auraient besoin d'une aide psychologique sous la forme d'un entretien régulier. Il s'agit d'un collège de moyenne importance, bien équipé, l'ambiance globale est sympathique. Il n'y a pas d'importants problèmes collectifs tels que la drogue. Il se trouve dans une population où le nombre de problèmes sociaux est loin d'être comparable à ce qui se passe dans certaines banlieues de grandes villes.

Depuis le professeur ayant participé à cette expérience a créé des Clubs d’Ecoute dans le collège et édité un livre.

 

 

Une Expérience d’Ecoute au Collège - Madeleine Favre

 

Danette       Ça va peut-être vous faire rire, j'étais dans ma chambre où avant on avait un lit superposé, et quand je montais au lit, je sentais quelqu'un qui me poussait vers le bas et il n'y avait personne dans ma chambre.

A.C.              Tu montais et

Danette       Je sentais cette présence qui me prenait.

A.C.              Oui…

Danette       Pour me faire descendre.

A.C.              Tu as dû lutter, alors ? Pour ne pas descendre.

(Silence… acquiescement non-verbal)

Danette       Ça n'a pas duré longtemps…

A.C.             Ça ne paraît pas facile de le dire et tu te demandais si cela n'allait pas me faire rire, parce que ce n'est pas évident de raconter cette chose que tu as vécue ?

Danette      Justement… Et ça m'est arrivé deux mois après que mon grand père soit mort et j'avais l'impression qu'il me disait de venir.

A.C.             Ah oui, c'est arrivé juste deux mois après que ton grand père soit mort, et tu as entendu cela comme une incitation à ce que tu viennes avec lui.

Danette       On était très attachés ensemble.

A.C.              Vous étiez très liés ensemble.

Danette       Oui.

A.C.              Et maintenant c'est fini.

Danette       Oui.

Pierrette    Moi mon papy est mort quand j'avais trois ans, il me gardait quand ma maman allait au travail et il se tournait les pouces. Quand je pense à lui, je le fais malgré moi.

A.C.             Tu le fais malgré toi inconsciemment, en te reliant à lui, tu fais le mouvement (rires). C'est ce qu'il avait l'habitude de faire devant toi à trois ans, c'est ancré profondément dans ton histoire.

Pierrette      Oui.

Ameline        Après la mort de mon grand père, ma maman a divorcé et puis elle a fait mon frère avant de divorcer et se marier avec mon papa et mon papa n'a jamais accepté mon frère, il ne lui parle jamais. Mon frère veut bien l'accepter, « mais mon papa, il veut pas ». Il l’a aidé à trouver son boulot, mais c'est ma maman qui lui a dit. Quand il est en colère, il s'en prend tout le temps à mon frère, il lui dit : « Tiens, la porte est ouverte, tu peux partir ». Et mon frère, il en a eu marre, alors il est parti, mais maintenant il ne lui parle plus et pourtant ils travaillent ensemble.

A.C.             Tu sens toute une expression de mésentente entre ton père et ton frère et tu les aimes bien chacun et tu en souffres (assentiment non verbal).

Ameline       Une fois mon papa a parlé comme cela à mon frère et ma cousine qui était là, a pleuré, elle a tapé mon papa.

A.C.              C'est difficile à vivre.

Ameline  (approuve silencieusement)        Quand on est à table, y a jamais de discussion.

A.C.              Ça interdit tout échange.

Ameline       Et si on commence à parler, mon papa dit : « Chut, on est à table ». Il veut pas nouer la conversation avec mon frère, mon frère a déjà essayé de communiquer avec, mais il veut pas.

A.C.             Il y a une fermeture de sa part vis-à-vis de lui comme s'il n'avait pas éliminé quelque chose qu'il continue de faire porter à ton frère, et ton frère continue de chercher ce que précisément il ne veut pas donner.

Ramon        C'est ton vrai frère, mais c'est ton frère qui…

A.C. coupe, il ne s'agit pas de « laisser faire » et de laisser les attitudes tutélaires s'installer… Je ne laisse pas s'instaurer le climat habituel qu'aurait engendré ce genre d'intervention évaluative.

A.C.            Quand vous commencez à intervenir comme cela, vous n'êtes plus en train d'écouter votre camarade, vous êtes davantage intéressé par son problème, en lui trouvant une solution pour elle dans l'instant présent. (À Ameline) Tu voulais dire autre chose ?

Ameline      Comment essayer de les faire communiquer ?

A.C.           Comment essayer de les faire communiquer ? Je ne sais pas si cette réponse peut t'être donnée, je vais tenter comme cela. Peut-être ta mère, en écoutant l'un et l'autre…

Ameline      Elle les écoute, mais…

A.C.   ...      et leur renvoyer ce qu'elle a entendu l'un devant l'autre, mais cela demande une expérience (formation) et puis d'autre part, cela fait partie de notre liberté de refuser d'être entendu, nous ne pouvons pas entendre celui qui le refuse. Or j'ai le sentiment que ton père, inconsciemment n'a pas envie d'être entendu.

Ameline       Pour Noël, ça fait quinze ans qu'ils sont mariés et ils se sont disputés. Mon frère est parti, et ma marraine a voulu plaisanter, elle a dit des choses qu'il ne fallait pas et ça a vexé mon papa et ils se sont disputés et il a dit à sa sœur qu'elle avait foutu en l'air quinze ans de sa vie, parce qu'il avait essayé de les arranger, et lui a reproché d'avoir tout détruit ce qu'il avait essayé de construire.

A.C.             Je pense que cela demanderait une démarche de chacune des personnes de la situation, en se faisant écouter par un tiers. Il faudrait que chaque personne ait envie de s'entendre, or chacune étant dans son projet, je ne vois pas comment te donner une solution. Ce que je peux te dire, c'est pour toi, dans la mesure où tu en souffres, c'est d'essayer de descendre aussi profond que possible en toi, de trouver une possibilité d'expression avec d'autres : avec une amie ou une aide extérieure à la situation, pour pouvoir exprimer ta souffrance et la dépasser et si un jour il y a un événement heureux qui fait qu'en grandissant tu puisses écouter l'un ou l'autre pour que la situation évolue, mais pour l'instant c'est trouver une relation pour toi.

Ameline       Je peux dire autre chose, quand j'ai fait une bêtise, mon papa sait pas discuter, il m'envoie dans ma chambre avec une gifle, il m'envoie tout de suite dans ma chambre, il veut pas discuter.

A.C.             Il ne te reconnaît pas la possibilité de faire une bêtise, une erreur, il y a tout de suite une sanction qui fait que tu es envoyée dans ta chambre sans rien pouvoir dire, c'est ça ?

Ameline (assentiment)    Parce que lui, quand il était petit, son papa a été prisonnier pendant cinq ans pendant la guerre et quand il est arrivé de prison, à chaque fois qu'il disait quelque chose de travers, il prenait une gifle et allait dans sa chambre.

A.C.             Il continue un modèle dont il a souffert lui-même. Il n'a pas pris conscience qu'il pouvait faire autrement et toi, tu en subis les conséquences.

Ameline       Oui. Ameline se sent entendue et s'exprime ainsi au milieu de sa classe.

A.C.             C'est le côté dramatique de notre solidarité de vie, nous avons chacun à aller vers plus de conscience pour ne pas reporter notre ombre sur les autres et ne pas reproduire forcément ce qui nous a fait souffrir dans la vie. Ça demande un effort de conscience au-dessus de la moyenne, dans sa souffrance, ton père a de la peine à le faire et tu en subis les conséquences, c'est ça ?

Ameline       Oui.

A.C.              Ne connais-tu pas d'adulte à qui tu peux en parler ?

Ameline       Mon frère, et il est pas souvent là et ma maman est du côté de mon papa.

A.C.             Ce serait important que tu puisses en parler à une autre personne… Je propose qu'on se donne tous les mains, avec toi.

(Silence)

Nous nous donnons tous les mains.

C'est une manière de partager tes difficultés maintenant. Je n'ai pas d'autres solutions pour toi, c'est pour que tu puisses sentir que d'autres êtres peuvent sentir ta souffrance et que tu te sentes entendue…

Ce jour là, comme quotidiennement je ressens « l'océan de non-écoute dans laquelle nous baignons » et cette non-écoute me paraît aussi une forme de « non encore conscience » car il s'agit d'une inconscience culturelle dont nous pourrions tous sortir.

Ma pratique comme celle de bien d'autres me semble représenter un îlot dans cet océan. Cependant, je suis confiant que cet îlot représente une bulle dans une immense fermentation. Cette tâche me dépasse et prend sens dans le cadre de notre évolution vers l'humain. Les enfants depuis tout petits, nous montrent qu'une conscience de l'écoute est présente au fond de leur être. Dans leur corps est inscrite la possibilité de savoir s'ils peuvent s'exprimer librement ou non. Mais si le petit ne trouve que l'écoute d'un parent enfermé dans sa souffrance de victime, il entrera à son tour dans ce rôle.

L'enfant sent inconsciemment qu'il pourra être « con-naissant » (c'est-à-dire en naissance ou évolution avec…) dans les paroles que l'adulte lui permettra de prendre. C'est aussi l'adulte qui est à l'écoute de son enfant intérieur, qui saura accorder cette écoute.

 

 « Evoluer Maintenant »

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